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Épilogue Danse / Résistance!

Manifeste de l'Atelier d'improvisation multimédia féministe de Montréal (l'AIMFM)
pour favoriser
la représentation égalitaire des femmes
en musique actuelle, expérimentale, contemporaine, électrique, électronique, électroacoustique etc.
Ojectifs
1- Produire des rencontres, de spectacles, d'événements locaux, nationaux, internationnaux;
2- Produire musique et multimédia sur différents supports utilisant notamment les nouvelles technologies;
3- Favoriser la création et la diffusion de l'improvisation
multimédia féministe à Montréal et
ailleurs;
4- Offrir des moyens d'improvisation multimédia éducatifs
aux mouvements équitables, communautaires, populaires et
féministes;
5- Favoriser des partenariats avec différents organismes coopératifs, féministes, sociaux, culturels;
6- Favoriser une représentation équitable des femmes dans le domaine de l'improvisation multimédia;
7- Documenter et développer la connaissance concernant l'improvisation multimédia féministe internationale;
8- Développer des solidarités féministes,
pacifistes, équitables, communautaires, coopératives qui
contrent les rapports de domination.
Représentation des femmes en musique
Sans
être nécessairement regroupées au sein d'un groupe
structuré ou dans une association officielle, plusieurs femmes
promeuvent et défendent les intérêts et les droits
des femmes, en assumant un rôle de critique, de concertation, de
pression.
En concertation avec d'autres femmes, hommes et organismes sociaux, ces
femmes participent à des actions collectives qui s'inscrivent
dans une perspective de changements sociaux. Elles interviennent en
outre régulièrement sur la place publique afin de faire
connaître leur existence et leurs positions auprès du
grand public et auprès des décideurs.
Ces femmes reconnaissent l'importance et la portée historique de
leurs actions actuelles et celles rêvées. Car le silence
sur la situation d'iniquité qui prévaut dans les milieux
de la musique actuelle, improvisée, expérimentale,
contemporaine, électroacoustique etc, domine. Pourtant il y a
là des enjeux cruciaux dans la poursuite et l'avancée de
la démocratie, de la culture et des musiques vivantes. Combattre
le système d'oppression qui exclue, occulte, favorise le peu de
présence des femmes est l'objectif à la base. Quelques
soient les discours et les bonnes intentions que nous pouvons avoir
collectivement,
- à toutes les fois qu'un événement
présente une proportion de femmes minime, il est le reflet du
système d'oppression faite aux femmes. On assiste au statut quo
ou au maintien de ce système.
- de même si on retrouve une majorité de femmes seulement
dans des événements féministes, donc une
ghettoïsation des femmes, on ne transcende pas le système
d'oppression fait aux femmes.
- Et si enfin on retrouve une meilleure proportion mais que ces femmes
se font les porte-paroles des valeurs des systèmes d'oppression;
évidemment ces systèmes d'oppression se maintiennent, bel
et bien, malgré l'illusion que crée la présence de
ces femmes, qui deviennent les alibis de ces systèmes.
Ce système de la pensée unique continue de soumettre les
femmes, restreinre, cloisonner, enfermer les femmes en les excluant, en
ne les reconnaissant pas comme partenaire égale, partout dans
les événements.
C'est pourquoi les membres de l'AIMFM dénoncent et sensibilisent
sans relâche pour faire respecter les droits démocratiques
des femmes, leur expression, leur diversité et leur
représentation équitable. Il faut que chaque citoyenne et
chaque citoyen puisse exercer ses droits démocratiques, et pour
ce, des mesures pour contrer les manquements à
l'équité et à l'égalité
femmes-hommes doivent être établies.
Si l'on transpose les revendications politiques féministes dans
le monde de la musique comme moyen pour favoriser
l'équité et d'égalité, on retrouve :
- l'établissement du mode de sélection et de représentation féministe ;
- le respect de la volonté populaire ;
- le mode de sélection et de représentation proportionnel ;
- la représentation égalitaire des femmes ;
- la représentation des membres des minorités ;
- s'outiller pour faire de la musique autrement ;
- la nécessité de la formation, de l'information pour
exister authentique selon ses choix éthique, politique et
culturel;
- des réformes politiques et économiques qui favorisent
cette représentation équitable et égalitaire des
femmes dans la musique.
L'Atelier d'improvisation multimédia féministe de Montréal se profile. J'AIMFM!
Pour les musiciennes et les musiciens qui s'intéressent à
la participation équitable des femmes en musique, on retrouve
des formations et des productions. Les connaissons-nous ?
Quels sont les éléments du système actuel qui
représentent un obstacle à la représentation
égalitaire des femmes en musique? On peut constater que les
systèmes d'oppression politique se reflètent dans la
musique, comme dans la vie publique.
En politique par exemple, "Les pays ou la situation est significative
sont ceux où l'on a l'effet combiné du mode de scrutin
[proportionnel] et de mesures spéciales prises par les partis.
Il s'agit des pays scandinaves où le pourcentage de femmes
élus [sic] atteint plus de 20 %. (Norvège : 24 %,
Suède : 27,5 %, Danemark : 23,5 %, Finlande 26 %) "3. Rappelons
qu'en 1983, l'Assemblée nationale québécoise ne
comptait que 6 % de députées. Les pays cités en
1983 ont bien sûr suivi leur progression pour se situer
actuellement entre 36,4% et 45% alors que nous venons tout juste
d'atteindre 28% depuis les dernières élections
partielles. (Mémoire présenté à la
Commission des institutions par la Fédération des femmes
du Québec,
Novembre 2002)
En musique comme en politique, les femmes sont sous
représentées. Les lieux de musique actuelle
perpétuent, encore aujourd'hui en 2003, le conservatisme et la
tradition patriarcale et ce, même s'ils sont soi-disant des lieux
ouverts aux révolutions et aux changements sociaux et culturels.
Il est important de tout mettre en oeuvre pour changer la situation.
Cette situation a des conséquences néfastes pour les
femmes et conséquemment pour la culture et l'humanité de
ce début de 21ième siècle!
Il faut une certaine masse critique pour qu'un groupe puisse influencer
la culture. Cette masse critique serait peut-être atteinte
à partir de 40 % de femmes en musique et de leur
visibilité. Et nous sommes encore très loin de cette
proportion si l'on regarde les festivals, les programmations de salle
de spectacle.
Comme le répètent les mouvements féministes, il
faut réaliser que les femmes ne sont pas un groupe
d'intérêts parmi d'autres. Elles sont l'une des deux
composantes de l'humanité, et elles ont droit à une place
juste et équitable dans la société. Comment
peuvent se concrétiser des gestes précis en faveur des
principes d'égalité que partage soi-disant la
société québécoise, et en particulier en ce
qui concerne la visibilité et la représentation
égalitaire des femmes en musique. Ces principes
d'égalité visent à ce que les femmes puissent
vivre de la musique et non de la politique et de l'économique du
système patriarcal. Elles sont placées dans l'obligation
de jouer souvent et majoritairement, un rôle de service ou un
rôle secondaire, d'occuper des emplois moins bien
rémunérés ou pas, parce qu'elles sont des femmes.
Elles sont marginalisées, voire victimisées, puisque que
ce système se maintient par l'exclusion, le mépris, la
force et la violence.
"Car en ce temps-là, la musique qui reproduisait les
rapports de domination, la domination des hommes, qui favorisait
l'exclusivité de privilèges à des hommes; cette
musique, ne changeait rien à la musique actuelle. Sur la place
publique, il y avait la musique qui, elle, transformait les rapports
patriarcaux, les rapports sociaux de sexes, parfois, trop rarement,
pour nous atteindre. C'était le souffle solidaire et
passionné de justice de droits et libertés. (Sylvie
Chenard, 2003)"
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