Gagner du temps, en le perdant



Pièce à conviction 2003

Épilogue Danse / Résistance!



Pièce à conviction Utopie 101



Manifeste de l'Atelier d'improvisation multimédia féministe de Montréal (l'AIMFM)

pour favoriser la représentation égalitaire des femmes en musique actuelle, expérimentale, contemporaine, électrique, électronique, électroacoustique etc.

Ojectifs


1- Produire des rencontres, de spectacles, d'événements locaux, nationaux, internationnaux;
2- Produire musique et multimédia sur différents supports utilisant notamment les nouvelles technologies;
3- Favoriser la création et la diffusion de l'improvisation multimédia féministe à Montréal et ailleurs;
4- Offrir des moyens d'improvisation multimédia éducatifs aux mouvements équitables, communautaires, populaires et féministes;
5- Favoriser des partenariats avec différents organismes coopératifs, féministes, sociaux, culturels;
6- Favoriser une représentation équitable des femmes dans le domaine de l'improvisation multimédia;
7- Documenter et développer la connaissance concernant l'improvisation multimédia féministe internationale;
8- Développer des solidarités féministes, pacifistes, équitables, communautaires, coopératives qui contrent les rapports de domination.

Représentation des femmes en musique

Sans être nécessairement regroupées au sein d'un groupe structuré ou dans une association officielle, plusieurs femmes promeuvent et défendent les intérêts et les droits des femmes, en assumant un rôle de critique, de concertation, de pression.

En concertation avec d'autres femmes, hommes et organismes sociaux, ces femmes participent à des actions collectives qui s'inscrivent dans une perspective de changements sociaux. Elles interviennent en outre régulièrement sur la place publique afin de faire connaître leur existence et leurs positions auprès du grand public et auprès des décideurs.

Ces femmes reconnaissent l'importance et la portée historique de leurs actions actuelles et celles rêvées. Car le silence sur la situation d'iniquité qui prévaut dans les milieux de la musique actuelle, improvisée, expérimentale, contemporaine, électroacoustique etc, domine. Pourtant il y a là des enjeux cruciaux dans la poursuite et l'avancée de la démocratie, de la culture et des musiques vivantes. Combattre le système d'oppression qui exclue, occulte, favorise le peu de présence des femmes est l'objectif à la base. Quelques soient les discours et les bonnes intentions que nous pouvons avoir collectivement,

- à toutes les fois qu'un événement présente une proportion de femmes minime, il est le reflet du système d'oppression faite aux femmes. On assiste au statut quo ou au maintien de ce système.

- de même si on retrouve une majorité de femmes seulement dans des événements féministes, donc une ghettoïsation des femmes, on ne transcende pas le système d'oppression fait aux femmes.

- Et si enfin on retrouve une meilleure proportion mais que ces femmes se font les porte-paroles des valeurs des systèmes d'oppression; évidemment ces systèmes d'oppression se maintiennent, bel et bien, malgré l'illusion que crée la présence de ces femmes, qui deviennent les alibis de ces systèmes.

Ce système de la pensée unique continue de soumettre les femmes, restreinre, cloisonner, enfermer les femmes en les excluant, en ne les reconnaissant pas comme partenaire égale, partout dans les événements.

C'est pourquoi les membres de l'AIMFM dénoncent et sensibilisent sans relâche pour faire respecter les droits démocratiques des femmes, leur expression, leur diversité et leur représentation équitable. Il faut que chaque citoyenne et chaque citoyen puisse exercer ses droits démocratiques, et pour ce, des mesures pour contrer les manquements à l'équité et à l'égalité femmes-hommes doivent être établies.

Si l'on transpose les revendications politiques féministes dans le monde de la musique comme moyen pour favoriser l'équité et d'égalité, on retrouve :
- l'établissement du mode de sélection et de représentation féministe ;
- le respect de la volonté populaire ;
- le mode de sélection et de représentation proportionnel ;
- la représentation égalitaire des femmes ;
- la représentation des membres des minorités ;
- s'outiller pour faire de la musique autrement ;
- la nécessité de la formation, de l'information pour exister authentique selon ses choix éthique, politique et culturel;
- des réformes politiques et économiques qui favorisent cette représentation équitable et égalitaire des femmes dans la musique.

L'Atelier d'improvisation multimédia féministe de Montréal se profile. J'AIMFM!

Pour les musiciennes et les musiciens qui s'intéressent à la participation équitable des femmes en musique, on retrouve des formations et des productions. Les connaissons-nous ?

Quels sont les éléments du système actuel qui représentent un obstacle à la représentation égalitaire des femmes en musique? On peut constater que les systèmes d'oppression politique se reflètent dans la musique, comme dans la vie publique.

En politique par exemple, "Les pays ou la situation est significative sont ceux où l'on a l'effet combiné du mode de scrutin [proportionnel] et de mesures spéciales prises par les partis. Il s'agit des pays scandinaves où le pourcentage de femmes élus [sic] atteint plus de 20 %. (Norvège : 24 %, Suède : 27,5 %, Danemark : 23,5 %, Finlande 26 %) "3. Rappelons qu'en 1983, l'Assemblée nationale québécoise ne comptait que 6 % de députées. Les pays cités en 1983 ont bien sûr suivi leur progression pour se situer actuellement entre 36,4% et 45% alors que nous venons tout juste d'atteindre 28% depuis les dernières élections partielles. (Mémoire présenté à la Commission des institutions par la Fédération des femmes du Québec, Novembre 2002)

En musique comme en politique, les femmes sont sous représentées. Les lieux de musique actuelle perpétuent, encore aujourd'hui en 2003, le conservatisme et la tradition patriarcale et ce, même s'ils sont soi-disant des lieux ouverts aux révolutions et aux changements sociaux et culturels. Il est important de tout mettre en oeuvre pour changer la situation. Cette situation a des conséquences néfastes pour les femmes et conséquemment pour la culture et l'humanité de ce début de 21ième siècle!

Il faut une certaine masse critique pour qu'un groupe puisse influencer la culture. Cette masse critique serait peut-être atteinte à partir de 40 % de femmes en musique et de leur visibilité. Et nous sommes encore très loin de cette proportion si l'on regarde les festivals, les programmations de salle de spectacle.

Comme le répètent les mouvements féministes, il faut réaliser que les femmes ne sont pas un groupe d'intérêts parmi d'autres. Elles sont l'une des deux composantes de l'humanité, et elles ont droit à une place juste et équitable dans la société. Comment peuvent se concrétiser des gestes précis en faveur des principes d'égalité que partage soi-disant la société québécoise, et en particulier en ce qui concerne la visibilité et la représentation égalitaire des femmes en musique. Ces principes d'égalité visent à ce que les femmes puissent vivre de la musique et non de la politique et de l'économique du système patriarcal. Elles sont placées dans l'obligation de jouer souvent et majoritairement, un rôle de service ou un rôle secondaire, d'occuper des emplois moins bien rémunérés ou pas, parce qu'elles sont des femmes. Elles sont marginalisées, voire victimisées, puisque que ce système se maintient par l'exclusion, le mépris, la force et la violence.

"Car en ce temps-là, la musique qui reproduisait les rapports de domination, la domination des hommes, qui favorisait l'exclusivité de privilèges à des hommes; cette musique, ne changeait rien à la musique actuelle. Sur la place publique, il y avait la musique qui, elle, transformait les rapports patriarcaux, les rapports sociaux de sexes, parfois, trop rarement, pour nous atteindre. C'était le souffle solidaire et passionné de justice de droits et libertés. (Sylvie Chenard, 2003)"

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